Le rachat ou regroupement de crédit peut s’avérer une bonne opération. Mais difficile d’éviter les pièges quand on connaît mal le principe. Réponses aux 5 questions qu’il faut se poser pour mieux comprendre comment fonctionne le rachat de crédit.

Quoi ?

Le rachat de crédit est une opération bancaire courante, bien qu’à envisager avec recul et réflexion. Il est à distinguer de la renégociation de crédit, qui est la première étape lorsqu’un emprunteur cherche à faire baisser le taux de ses mensualités. La renégociation de crédit consiste à demander à sa banque – celle auprès de qui vous avez souscrit un crédit – de faire baisser le taux d’intérêt ou la durée de l’emprunt bancaire en fonction de l’évolution du marché. Au bout de plusieurs années, c’est une négociation envisageable, quand on constate que la situation – et donc les capacités de remboursement de l’emprunteur ont changé, ou lorsque les taux d’intérêts du marché sont plus bas qu’au moment où le crédit avait été souscrit.

Cela demande de bien s’entendre avec son banquier, et de conserver un profil intéressant. Le rachat de crédit vient généralement dans un second temps, quand la renégociation n’a pas été fructueuse. Il consiste à aller voir la concurrence afin de se faire racheter ses dettes par un autre établissement bancaire. Cette opération est une occasion de négocier là aussi un taux d’emprunt plus bas ou des mensualités différentes. Elle correspond, juridiquement parlant, à ce qu’on pourrait appeler une cession de créances ou de dettes.

Pour qui ?

Pour un propriétaire en devenir par exemple, qui possède déjà plusieurs crédit à la consommation sans justificatif finançant ses biens quotidiens, demander un rachat de crédit au moment de faire un emprunt immobilier peut être une bonne solution pour augmenter son pouvoir d’achat. L’achat n’est pas le seul moment propice pour envisager un rachat : des projets de travaux ou de rénovation représentent aussi une occasion.

Si le projet de vie n’est pas d’investir, mais plutôt de faire face à des difficultés financières, le rachat de crédit a aussi un rôle à jouer. C’est une des étapes possibles avant de tomber dans la spirale du surendettement.

À quel moment ?

Que vos crédits soient récents, ou qu’ils datent déjà de plusieurs années, il peut être intéressant financièrement de faire racheter ses crédits. Mais attention : la somme à rembourser de votre emprunt doit encore être conséquente. Il es conseillé par exemple de ne pas dépasser le premier tiers de son prêt, à un moment où les intérêts et les sommes à rembourser sont encore élevés.

Pourquoi ?

Le rachat de crédit est similaire au regroupement de crédits. Pour certaines banques, il s’agit de la même opération. Il présente plusieurs avantages :

  • regrouper plusieurs crédits en un, ce qui facilite la gestion de son budget au quotidien
  • en profiter pour faire baisser ses taux d’intérêts
  • ou pour allonger ou réduire sa durée d’emprunt
  • ou encore négocier lors de cette opération l’ajout d’un montant dédié à un nouveau financement

Comment ?

Il est également conseillé de se lancer dans le rachat de crédit à condition que l’écart entre le taux d’intérêt actuel et celui proposé par le nouvel établissement bancaire soit d’au moins 0,6 point. Autrement, l’opération risquerait de ne pas valoir le coup.

En effet, il ne faut pas oublier qu’un regroupement de crédit entraine certains frais, à prendre en compte et à intégrer à ses calculs prévisionnels. Par exemple, si vous avez déjà négocié une première fois votre prêt, le fait d’entamer une démarche de renégociation sera assorti de frais supplémentaires dont il faudra s’acquitter. Autres frais : si c’est un autre établissement bancaire que vous sollicitez pour racheter vos crédits, il faudra verser à votre banque actuelle des pénalités de remboursement anticipées (autrement appelées IRA). Cela représente 3 % du montant restant à rembourser. Ces frais sont rarement pris en compte dans le nouveau projet de rachat de crédits.

Si vous faîtes appel à un courtier, vous devrez également lui verser quelques centaines d’euros pour la gestion et les frais de dossier. À cela s’ajoutent des frais de garantie pour l’ouverture du nouveau crédit. Autant dire que le nouveau taux, ou les nouvelles mensualités proposées par votre nouvelle banque, doivent être attractifs, sous peine de se retrouver coincés dans une situation financière compliquée.